Le tocilizumab, traitement prometteur contre le coronavirus

Habituellement utilisé pour la polyarthrite rhumatoïde, le tocilizumab s’avère prometteur dans la lutte contre le coronavirus pour les patients nécessitant une hospitalisation.

Un nouvel espoir dans la lutte contre le coronavirus. Après l’azithromycine, qui serait efficace lors de l’apparition des symptômes, un nouveau médicament pourrait améliorer le pronostic vital des malades nécessitant une hospitalisation : le tocilizumab. Des médecins des Hôpitaux de Paris – Assistance publique (APHP) ont mené une étude sur 129 patients hospitalisés à cause du COVID-19. Parmi eux, 65 personnes choisies de manière aléatoire ont reçu le tocilizumab. Les résultats sont encourageants.

Le tocilizumab bloquerait « l’orage cytokinique »

Le COVID-19, dans sa forme grave, provoque un excès d’inflammation du corps du malade, en particulier des poumons. Il s’agit d’une réponse immunitaire du corps, qui produit en très grande quantité des cytokines pour faire face au virus. Problème : ce sont ces organismes qui vont étouffer les poumons, provoquant une insuffisance respiratoire. C’est ce que les scientifiques appellent « l’orage cytokinique » ou la « tempête cytokinique ». Les cytokines ne s’attaquent pas seulement au virus, mais aussi aux tissus sains, provoquant des défaillances d’organes.

Le tocilizumab est un médicament utilisé habituellement dans la polyarthrite rhumatoïde. Il s’agit un immunosuppresseur. Cela lui permet ainsi de lutter contre l’orage cytokinique en limitant la production de cytokines responsable des troubles respiratoires. « L’interleukine-6 est le récepteur de la cytokine et il apparaît que le médicament tocilizumab, un anticorps monoclonal, permet de bloquer ce récepteur », a expliqué lors d’une conférence de presse du 27 avril le professeur Xavier Mariette qui a participé à l’étude.

Une étude concluante sur l’efficacité du tocilizumab

Suivis durant 14 jours, les 65 patients traités au tocilizumab ont globalement eu de meilleurs résultats que les 64 autres, qui ont eu un traitement classique. Le tocilizumab « a diminué de façon significative le nombre de patients qui vont en réanimation ou qui sont décédés », a indiqué lors de la conférence de presse Olivier Hermine, professeur en hématologie à l’hôpital Necker.

L’étape suivante consiste donc à faire valider ces essais par la communauté scientifique. Cette procédure prend habituellement plusieurs mois, mais ne devrait durer que quelques semaines en raison de l’urgence de la pandémie. Les instigateurs de l’étude rappellent aussi que l’avantage de ce traitement est qu’il est disponible immédiatement dans les pharmacies hospitalières.

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