Quand sortira le vaccin contre le coronavirus ?

C’est la clé de la fin de la pandémie. Un vaccin contre le coronavirus COVID-19 permettrait au monde entier de retrouver une vie normale, comme avant. La question de savoir quand le vaccin sera disponible est donc sur toutes les bouches.

Un vaccin. Un petit mot, mais qui a une importance folle aujourd’hui. Sans doute l’un des mots les plus recherchés aujourd’hui sur google. « Vaccin COVID ». De nombreux laboratoires partout dans le monde sont plus ou moins avancés dans l’élaboration d’un vaccin. Tour d’horizon des recherches et des retours espérés.

Un vaccin américain : peut-être pour la fin de l’année 2020

L’entreprise de biotechnologie américaine Moderna Therapeutics est en pôle position aujourd’hui pour livrer un vaccin. La société a conclu le 16 avril un accord avec les autorités américaines à hauteur de 483 millions de dollars pour avancer le plus vite possible sur cette solution. Basé sur la technologie d’ARN messager, voisin de l’ADN, ce vaccin doit répliquer une partie du code génétique du COVID-19 pour lancer le processus immunitaire chez l’individu. Seul problème : ce type de vaccination n’a jamais encore été testé chez l’humain.

Les essais cliniques ont débuté dès le 16 mars auprès de 45 volontaires de 18 à 55 ans. Ils se poursuivent encore avec de nouveaux groupes incluant des personnes à risques. Si tout se passe bien, Moderna pourrait commencer à produire des millions de doses par mois dès la fin de l’année.

Un vaccin chinois : deux solutions en cours de tests

En Chine, berceau de la pandémie, deux vaccins sont dans les starting blocks. Le premier est développé par la société pharmaceutique chinoise Sinovac Biotech, cotée au Nasdaq et l’autre par l’Institut de produits biologiques de Wuhan et l’Institut de virologie de Wuhan. Lors d’un point presse, Wu Yuanbin, un responsable du Ministère chinois de la Science et de la Technologie, a annoncé que la « phase 2 des essais cliniques a débuté le 9 avril ».

Ces deux vaccins sont bien plus classiques que l’Américain : ils utilisent un virus inactivé, à l’image de ce qui se fait pour le tétanos ou la coqueluche. En parallèle, d’autres essais sont réalisés ailleurs dans le pays, se fondant notamment sur d’autres techniques, mais ils ne sont pas aussi avancés.

Un vaccin français : ce n’est pas pour demain

En France, deux laboratoires se penchent sur le précieux vaccin : l’Institut Pasteur et Sanofi. Les deux sont en phase « préclinique ». Cela signifie qu’ils sont en train d’élaborer le mix à inclure dans l’injection pour obtenir une réponse immunitaire permettant la création d’anticorps à même d’empêcher l’infection de coronavirus. Cette phase dure au moins deux mois.

Un vaccin allemand : des tests cliniques débutent

La société allemande de biotechnologie BioNTech vient de se voir accorder l’autorisation de réaliser ses premiers essais cliniques. Ce sont 200 patients volontaires jeunes et en bonne santé qui vont se voir injecter le vaccin proposé par l’entreprise basée à Mayence. Dans un second temps, 500 personnes plus à risque (plus de 55 ans, ou présentant des facteurs aggravants) participeront aux tests. Au mieux, ces essais dureront jusqu’à la fin de l’année 2020, pour des résultats en début d’année prochaine. Dans le meilleur des cas, un vaccin pourrait sortir en 2021.

La question qui se pose également : y aura-t-il un vaccin ?

Aujourd’hui, aucun vaccin n’a jamais été créé contre des virus de type coronavirus. Ce serait donc une grande première. On sait la difficulté de réaliser de tels produits protecteurs. Certains virus, comme le SIDA, que l’on connaît depuis les années 1980, n’a toujours pas de vaccin aujourd’hui. Même si la science a progressé, plus de trente ans de recherche n’ont donc pas encore suffi pour trouver une parade à cette maladie. Rien ne dit donc que le COVID-19 trouvera une parade à court terme. D’autant que les inconnues et les difficultés sont de taille.

La question de la durée de l’immunité

Par exemple, on ne sait pas encore combien de temps dure l’immunité grâce aux anticorps. Si on se réfère à la grippe saisonnière, la protection du vaccin dure plusieurs mois, mais nécessite un renouvellement chaque année. Le COVID-19 est encore trop jeune pour qu’on puisse déterminer la durée de l’immunité, qui est un facteur clé pour la réussite d’un vaccin.

Certains ont soulevé des interrogations face à des dizaines de réinfections qui auraient eu lieu, notamment en Corée du Sud. Cela reste néanmoins peu probable, le plus plausible étant plutôt une réactivation du virus, toujours présent dans le corps du patient au moment où il se croyait guéri.

La question d’un vaccin contre-productif face au coronavirus

La possibilité existe également que le vaccin fasse l’effet inverse par rapport à celui escompté : faciliter la transmission du coronavirus. On parle alors de vaccin « facilitateur ». Au lieu de contrer la maladie, il va créer des anticorps qui vont aider le virus à s’installer dans le corps et aggraver son action. C’est ce que redoutent un certain nombre de chercheurs. Face à la dengue, les virologues se sont potentiellement heurtés à un problème de ce type. Si elle est confirmée par l’enquête en cours, cette erreur aurait participé à causer la mort de 600 enfants philippins sur les 800 000 qui avaient participé au test du vaccin entre 2016 et 2017.

La question de la production de masse d’un vaccin contre le coronavirus

Autre problème majeur auquel le grand vainqueur de la course au vaccin aura à faire : la capacité à le répliquer à des milliards d’exemplaires. Car tous les pays voudront leurs lots pour sécuriser leur population. L’appareil productif pharmaceutique actuel est insuffisant, à l’image de celui pour produire les masques de protection. Ou alors, il faudra des mois pour couvrir toute la population.

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