Pourquoi il est encore trop tôt pour enterrer le coronavirus en France

La suspension progressive du confinement entamée le 11 mai dernier a sonné chez certains la fin de la crise du coronavirus en France. Peu de nouvelles contaminations, des statistiques en décrue régulière… Est-on vraiment en train de voir la fin de l’épidémie de COVID-19 dans le pays ?

Du monde dans les rues, des commerces pris d’assaut… Les scènes se multiplient depuis le 11 mai. C’est à peine si les Français respectent encore les gestes barrières. D’ailleurs, certains ne les respectent plus. Ce sont les mêmes que l’on retrouve à renouer avec les fêtes familiales ou les retrouvailles chez les grands-parents. Avec une apparente décontraction. Autant la période du confinement mi-mars était anxiogène, autant celle du déconfinement est libératoire.

Le décalage de trois semaines qui fausse tout

Décroissance du nombre de nouveaux cas, du nombre de morts quotidiens, du nombre de patients hospitalisés. Tous les indicateurs sont au vert. Et pour cause : la réalité a environ deux à trois semaines d’avance sur les statistiques. En effet, le coronavirus a une période d’incubation allant de cinq jours en moyenne jusqu’à quatorze jours. Par la suite, il faut compter encore une semaine après les premiers symptômes pour que la maladie s’emballe et nécessite une hospitalisation.

Imaginons ainsi un Monsieur X, qui a bien suivi le confinement et décide de fêter la fin des privations dès le 11 mai. Il invite une flopée d’amis chez lui, dont un malheureusement atteint par le COVID-19. Il ne fait pas attention et est infecté. Sa maladie se déclenchera entre le 16 mai et le 25 mai. Si complications il y a, elles se produirons entre le 24 mai et le 1er juin. Cela signifie que ce n’est que lors des prochains jours que nous constaterons les conséquences du début du déconfinement. Ce n’est sans doute pas pour rien que le gouvernement prend ses décisions sur la suite du déconfinement toutes les trois semaines

Tout est dans la tête, la prudence reste de mise

Face à cette réalité statistique faussée, il faut raison garder. Ainsi, le port du masque, les gestes barrières, la distanciation sociale, restent les meilleurs moyens de lutter contre la propagation du coronavirus et signer la fin de l’épidémie en France. Si chacun se responsabilise, prend les mesures nécessaires, le taux de transmission du COVID-19 restera bas et permettra d’éviter une deuxième vague. Car ce ne sont pas les statistiques quotidiennes qui doivent dicter la conduite à adopter. Ce serait l’erreur à ne pas commettre.

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