Le masque : la meilleure arme face au coronavirus ?

Au départ jugé utile uniquement pour le personnel soignant et les malades, le masque devient peu à peu un instrument nécessaire pour l’ensemble de la population dans la lutte contre le coronavirus.

La volte-face du gouvernement n’est pas passée inaperçue. Considérant le masque « inutile » au début de la crise du coronavirus pour les individus lambda, l’exécutif recommande désormais à chacun d’en porter lors de ses déplacements. « Nous encourageons le grand public, s’il le souhaite, à porter ces masques alternatifs qui sont en cours de production », a ainsi déclaré le 3 avril Jérôme Salomon, Directeur général de la santé. Un sondage Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo, publié le 9 avril, souligne que les Français ne sont pas dupes.

Ainsi, 76% pensent que le gouvernement leur a menti sur les masques « en les dissuadant d’en porter parce qu’il n’y en avait pas suffisamment pour les soignants ». Le même pourcentage de Français considère que l’attitude du gouvernement vis-à-vis des masques n’est ni « claire », ni « cohérente ». Un peu moins des trois quarts des personnes interrogées estiment qu’il faudrait généraliser le port du masque obligatoire dans toutes les communes de France.

Le port du masque obligatoire ? Ce n’est pas d’actualité

A Sceaux et Royan, les maires avaient déjà pris les devants dès lundi 6 avril, signant des arrêtés obligeant la population à se couvrir le visage pour sortir. D’autres communes allaient également franchir le pas. Mais au sommet de l’État, ce n’est pas passé. Ainsi, le Ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a contesté jeudi 9 avril ces arrêtés dont « la base juridique est incertaine ». Il a demandé leur retrait, estimant également qu’il en allait de « l’égalité territoriale » et du « respect du confinement« .

Le changement de stratégie du gouvernement

Si le gouvernement a changé son fusil d’épaule, c’est avant tout une question stratégique. Face à la pénurie au début de l’épidémie de coronavirus, il aurait été inconscient de demander à chacun de porter un masque. Cela aurait provoqué une panique générale et un sentiment de colère face au manque. En particulier, le personnel soignant, déjà touché par le manque de protection, aurait fait face à une absence encore plus grande.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a d’ailleurs longtemps tenu le même discours vis-à-vis des masques, avant, elle aussi, d’amorcer un changement de ligne. « La priorité est de protéger le personnel soignant et médical en première ligne à l’aide de masques chirurgicaux et respiratoires. Mais l’idée d’utiliser des masques pour empêcher la projection de la maladie dans l’environnement et vers les autres n’est pas une mauvaise idée en soi », a ainsi déclaré le Docteur Mike Ryan, expert en situations d’urgences à l’OMS, lors d’une conférence de presse le 6 avril.

Si en France, il n’est pas coutume de porter un masque lors d’une épidémie, en Asie, c’est presque une norme. Depuis plusieurs semaines, les scientifiques chinois s’alarment même du manque de prise de conscience de l’intérêt du masque de la part de l’Occident. Aux États-Unis aussi, le revirement est en cours. Le 3 avril, Donald Trump a demandé à ses concitoyens de se couvrir le visage pour chaque sortie.

Les différents types de masques

Tous les masques ne sont pas égaux face au coronavirus. Le plus classique, le masque chirurgical, est à usage unique. Il doit être jeté après chaque utilisation. Il a l’avantage d’empêcher les projections de gouttelettes, source de propagation du COVID-19. En revanche, il ne protège pas de l’infection. Si vous êtes malade, il est donc utile et même indispensable de le porter dès que vous sortez.

masque chirurgical
Le masque chirurgical

Le masque FFP2 classique ou type « bec de canard » comporte sur le tissu un filtre. Grâce à ce système, 94% des particules présentes dans l’air sont filtrées, protégeant ainsi le porteur face au virus. A fortiori, comme pour le masque chirurgical, il évite également le risque de contagion d’autrui. Sa durée de vie varie entre trois et huit heures. Il est réservé au personnel médical et soignant.

masque FFP2
Le masque FFP2

Le masque en tissu fait maison ou via un vêtement (foulard, écharpe, …) ne protège pas du virus. Il a en revanche des vertus puisqu’il permet d’éviter en partie la projection de particules dans l’air et sur les surfaces. A défaut d’autre solution, c’est donc toujours mieux que rien pour éviter de contaminer une autre personne.

Depuis peu, des masques lavables ont fait leur apparition. Créés spécialement par des entreprises de textiles, ils permettent, une fois homologués, de protéger le porteur. Pas aussi efficaces que les masques de type FFP2 ou FFP3, ils permettent néanmoins une protection alternative pour les personnes moins exposées.

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