L’hydroxychloroquine sans effet sur le coronavirus

Ce ne sont pas moins que quatre études, publiées en Chine, en France et aux États-Unis, qui démontrent l’inefficacité de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le coronavirus. Son défenseur le plus fervent, le Professeur Didier Raoult, est désavoué.

Donald Trump peut trembler. Le Président américain a avoué lundi 18 mai devant des millions de ses concitoyens prendre de l’hydroxychloroquine depuis une semaine et demie à titre de prévention contre le coronavirus. Pourtant, le traitement plebicité par le Professeur Didier Raoult depuis le début de l’épidémie a pris du plomb dans l’aile ces derniers jours. Quatre études révèlent en effet son inefficacité pour lutter contre le COVID-19. Et c’est sans compter sa dangerosité en matière d’effets secondaires ou par rapport au rythme cardiaque.

Deux études américaines concluantes sur l’inefficacité de l’hydroxychloroquine

La première étude, publiée le 11 mai, a considéré 1 438 diagnostiqués positifs au COVID-19 dans la région de New York entre le 15 mars et le 28 mars. La conclusion est sans appel : « Parmi les patients COVID-19 hospitalisés dans la métropole new-yorkaise, il n’y a pas de différence significative en termes de mortalité hospitalière entre ceux traités à l’hydroxychloroquine, à l’azithromycine, aux deux, ou ceux sans traitement ».

La seconde étude publiée le 7 mai, s’est intéressée à 1 376 patients de l’hôpital presbytérien de New York et du Centre médical de l’Université Columbia au nord de Manhattan entre le 7 mars et le 8 avril. Là encore, la conclusion est sans ambiguïté : « Dans cette analyse impliquant un grand nombre de patients hospitalisés avec le COVID-19, le risque d’intubation ou de décès n’était pas particulièrement plus grand ou plus faible chez les malades qui ont reçu de l’hydroxychloroquine que chez ceux qui n’en ont pas reçu. »

Sur les 2 800 patients observés par ces deux études, l’efficacité du traitement préféré du Professeur Raoult n’a donc pas été démontrée. Certes, il ne s’agit que d’études observationnelles. Pas d’une démonstration scientifique. Pour autant, statistiquement, sur un échantillon aussi grand, si la molécule avait eu un effet positif, cela aurait dû se voir.

Une étude française enfonce le clou… et l’hydroxychloroquine avec

Le 16 mai, des chercheurs français ont publié une nouvelle étude randomisée sur l’hydroxychloroquine. L’échantillon est plus petit : 181 patients, atteints par le coronavirus, hospitalisés et intubés. Au total, 84 ont reçu la molécule supposée « miracle », et 97 non. Et de miracle, il n’y a pas eu. Aucune différence significative n’a été trouvée entre les deux groupes, que ce soit en matière de soins intensifs, de décès ou de complications respiratoires. La conclusion est toujours la même : « L’hydroxychloroquine a reçu une attention mondiale en tant que traitement potentiel du COVID-19 à cause de résultats positifs de petites études. Cependant, les résultats de celle-ci ne soutiennent pas son utilisation pour les patients atteints du coronavirus et nécessitant de l’oxygène ».

Pas plus de réussite pour les formes légères du coronavirus

Une quatrième étude, chinoise, cette fois, s’est concentrée sur 150 patients atteints de forme légère ou modérée du COVID-19. La moitié a reçu de l’hydroxychloroquine chaque jour et l’autre moitié non. Au bout d’un mois, les résultats des deux groupes sont similaires ou presque… Le groupe ayant reçu la molécule qui traite généralement le paludisme a souffert à 30% d’effets indésirables.

Ces quatre études, publiées à quelques jours d’intervalle, vont toutes dans le même sens. D’autres vont encore arriver pour probablement les mêmes conclusions, cette fois, définitives, sur l’inutilité de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le coronavirus. L’acharnement de certains à défendre cette molécule restera donc un mystère. Il aura surtout fait dépenser beaucoup d’argent à la recherche pour pas grand-chose.

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