Le remdesivir prouve son efficacité contre le coronavirus

Résultat d’une vaste étude réalisée aux États-Unis, l’efficacité du remdesivir pour traiter le coronavirus vient d’être démontrée. Mais ce n’est pas pour autant le remède miracle que l’on attend.

Après l’azithromycine et le tocilizumab, une autre molécule suscite de grands espoirs pour lutter contre la pandémie de coronavirus : le remdesivir. Développé par le laboratoire américain Gilead, ce médicament créé originellement pour combattre Ébola, mais sans succès, pourrait donc avoir une seconde jeunesse. Après des premiers tests encourageants, les National Institutes of Health (Instituts nationaux de la santé) ont donc décidé de mener une large étude sur 1 063 patients dans le monde entier.

Le remdesivir accélère la guérison des patients

Cette étude a été menée dans les règles de l’art. Les patients testés ont été choisis au hasard et eux comme les médecins traitant ne savaient pas si on leur injectait pendant dix jours un placebo ou la molécule active. Annoncés le 29 avril, les résultats sont positifs sans être spectaculaires. En moyenne, les patients traités au remdesivir se sont rétablis 31% du temps plus vite que ceux n’ayant eu qu’un placebo.

Une fois injecté, le remdesivir attaque directement le COVID-19. Il s’insère dans le génome du virus et l’empêche de se multiplier, limitant ainsi sa propagation dans le corps de la victime. Que ce soit lors des premiers symptômes ou en phase aiguë, la molécule permettrait donc d’améliorer l’état du patient, et accélérerait sa guérison.

Les États-Unis autorisent le remdesivir comme traitement du coronavirus

Il n’en fallait pas plus en tout cas à l’administration Trump pour valider le remdesivir comme traitement du coronavirus. Le 1er mai, soit deux jours après la publication des résultats de l’étude, l’Agence américaine du médicament (FDA) a autorisé son utilisation à grande échelle pour soigner les malades du COVID-19 dans le pays.

Daniel O’Day, le CEO de Gilead, a annoncé en parallèle que son laboratoire disposait de 1,5 million de doses et se lançait dans la production de masse. Le stock actuel pourrait déjà permettre de soigner environ 150 000 patients sur la base d’un traitement de dix jours. Mais selon une autre étude, un traitement de cinq jours serait tout aussi efficace, cela permettrait ainsi de soigner le double de patients.

Des zones d’ombres persistent

Malgré ces résultats encourageants, le remdesivir ne sera pas le remède miracle pour lutter contre la pandémie actuelle. L’étude américaine prouve une relative efficacité pour réduire le temps de récupération des patients atteints de coronavirus, mais ne permet pas de déterminer si elle améliore leur pronostic vital. Par ailleurs, une étude chinoise publiée le même jour par la revue scientifique The Lancet, réalisée sur seulement 237 patients à Wuhan, annonce que le redesivir n’aurait eu aucun effet, ni positif, ni négatif, sur les malades traités. Si l’échantillon est plus petit et donc moins représentatif, le résultat laisse perplexe.

Par ailleurs, aux États-Unis, la communauté scientifique se pose également des questions. Elle regrette notamment l’absence de publication des données de l’étude, ou le fait que l’étude a changé d’objectif en cours de route. Au départ, elle devait juger l’état de santé des patients au cours du traitement. Elle s’est ensuite focalisée sur le nombre de jours nécessaires pour guérir. Face à l’urgence, l’étude a également été menée dans la précipitation, sans connaître les conséquences sur le long terme sur les patients traités.

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