Le coronavirus conquiert le Brésil

Alors que l’épidémie de coronavirus s’éteint peu à peu en Europe, le Brésil ne semble pas encore avoir atteint l’œil du cyclone.

Le Brésil fait grise mine. Avec plus de 739 000 cas de coronavirus recensés dans le pays, le géant sud-américain est désormais, et de loin, le deuxième pays le plus touché au monde par le virus, derrière les États-Unis. Le nombre de morts y est également très élevé : plus de 38 000 au 9 juin, le troisième pire total après les États-Unis, encore, et le Royaume-Uni. Mais au rythme actuel, plus d’un millier de victimes quotidiennes, le Brésil devrait passer à la deuxième place dans deux ou trois jours. Pas de quoi se vanter. Avec plus de 5% de taux de mortalité, le pays dirigé par Jair Bolsonaro compte parmi les mauvais exemples dans le monde.

Des chiffres bientôt masqués et loin de la réalité

Pour ne rien arranger, le Ministère de la Santé a décidé de retirer les données historiques liées à la pandémie de son site internet. Il ne donnera plus que le nombre de nouveaux cas et morts des dernières 24 heures. Des chiffres qui font déjà peur à eux seuls, et qui ne sont pas près de redescendre d’après les experts. Ces derniers estiment par ailleurs qu’ils sont loin de refléter la réalité de la pandémie. Seuls les patients hospitalisés sont testés, à l’image de ce que faisait la France aux mois de février et mars. On a bien vu que cette stratégie ne fonctionnait pas et minimisait les chiffres réels du nombre de cas de coronavirus.

Le Brésil fait tout de travers face au coronavirus

Il faut dire que le gouvernement est lourdement critiqué pour la gestion de cette crise sanitaire. Deux ministres de la Santé ont même quitté leur poste pour dénoncer la gestion de la situation. Et pour cause : les recommandations de distanciation sociale, du port du masque, sont loin d’être respectées, favorisant la propagation du virus.

Jair Bolsonaro appelle même à lever les mesures de confinement dans les États l’ayant décrété, arguant que cela allait tuer l’économie. Une légèreté de ton qui n’est pas sans rappeller celle de Donald Trump. Pour autant, le Brésil n’est pas les États-Unis. La pauvreté y est bien plus importante. La promiscuité aussi. Et le système de santé est loin d’être aussi performant. Autant de raisons qui portent à croire que la crise du coronavirus pourrait y être bien plus grave qu’ailleurs.

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