L’Armée des 12 Singes, un film prémonitoire ?

Le film de Terry Gilliam de 1995, l’Armée des 12 Singes (Twelve Monkeys en version originale), fait écho aujourd’hui à la crise du coronavirus qui sévit dans le monde entier.

Cinq milliards de morts à cause d’un virus létal. Dit comme cela, il y a peu de chances de voir une similitude entre l’Armée des 12 Singes et la pandémie de coronavirus actuelle. Pourtant, au delà du côté forcément exagéré de la fiction, Terry Gilliam a dépeint une société post-apocalyptique qui n’est pas sans rappeler quelques usages actuels.

La sécurité avant tout

Dans la Philadelphie de 2035, ce qui reste de l’espèce humaine vit sous la terre, protégée d’une atmosphère potentiellement dangereuse. A la surface, les balais des voitures et des piétons ont laissé place à la faune sauvage, un ours par ci, un lion par là. Ce n’est pas sans rappeler quelques scènes cocasses vécues à l’heure du confinement, avec nos animaux reprenant possession des villes.

James Cole (joué par Bruce Willis), prisonnier désigné volontaire pour faire l’éclaireur en tenue d’astronaute dans ce monde fantôme, rappelle aussi ces prisonniers américains creusant une fosse commune dans le Bronx, à New York. Lorsqu’il revient sous terre, Cole passe par plusieurs bains sanitaires, purifiant son scaphandre, puis son corps mis à nu. Si les images sont poussées à l’extrême, comment ne pas penser aux fameux gestes barrières qui nous sont demandés pour éviter la propagation du coronavirus ? Dans un monde où la quasi totalité de l’humanité a disparu, il semble indispensable de ne pas prendre le moindre risque sanitaire, encore plus qu’aujourd’hui.

Un virus créé en laboratoire

Dans l’Armée des 12 Singes, le virus est créé en laboratoire par des chercheurs. Nombreux sont ceux qui ont cru à un scénario similaire pour le coronavirus. Des fake news démontrant soi-disant ces faits ont eu un franc succès sur la Toile. Selon une enquête de l’Ifop réalisée fin mars 2020, 26% des Français en étaient même persuadés. Le prix Nobel de médecine 2008, Luc Montagnier, affirme malgré tout depuis le 16 avril que le COVID-19 aurait été créé en laboratoire, incluant du code génétique du VIH, responsable de l’épidémie de SIDA. Les États-Unis enquêtent également sur un laboratoire de Wuhan, qui, selon eux, pourrait avoir créé ce virus. En lisant cela, on n’est pas très loin de la science fiction de Terry Gilliam…

Comme dans le cas de Contagion, l’Armée des 12 Singes part à la recherche du patient zéro, de l’origine du virus. Cette quête est essentielle pour les habitants de 2035 pour comprendre ce qui s’est passé et trouver un remède. Dans le cas du coronavirus, le mystère de l’origine reste important, sans doute renforcé par le pouvoir obscurcissant du gouvernement chinois. Si l’on sait qu’il s’agit probablement d’une mutation d’un virus animal transmis à l’homme, on ignore encore quand et comment.

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