La maladie de Kawasaki : le COVID-19 des enfants ?

Plusieurs alertes concernant des enfants gravement malades ont été données en France et au Royaume-Uni. Des symptômes ressemblant à la « maladie de Kawasaki » ont été découvert chez des enfants, nécessitant leur hospitalisation. On soupçonne le coronavirus COVID-19 d’en être responsable.

Chaque jour offre son lot de certitudes. Ou pas. Alors qu’on pensait les enfants de moins de 10 ans épargnés par le COVID-19, voilà que l’on découvre désormais tout l’inverse. Rien n’est encore démontré mais le Royaume-Uni et la France sont sur le qui-vive. Dans l’Hexagone, l’alerte est venue de médecins de l’hôpital Necker, à Paris, spécialisé dans le traitement des enfants. Les soignants ont relevé une augmentation du nombre d’enfants présentant des symptômes proches de la maladie de Kawasaki.

La question prise au sérieux du côté du Ministère de la Santé

« Nous ne comprenons pas encore pourquoi le démarrage de cet afflux de jeunes patients est retardé par rapport à celui de la pandémie. Nous n’affirmons pas qu’il y a une causalité [avec] le Covid-19 [mais] nous sommes préoccupés du caractère épidémique des cas sur nos réanimations parisiennes de 25 au moins en 3 semaines et de 9 sur Necker ces deux derniers jours« , s’inquiètent les médecins parisiens. Sur sa page Facebook, le médecin Moshé Assouline interpelle les parents sur le déconfinement face à ce qu’il juge une menace : « je redoute et cela ne tient qu’à moi que les enfants aient une incubation beaucoup plus longue que les parents, peut être de l’ordre de 30 à 45 jours », affirme-t-il.

Bonsoir, suite aux alertes importantes par vagues, que nous recevons depuis ces derniers jours des hôpitaux anglais puis…

Publiée par Moshe Assouline sur Mardi 28 avril 2020

« Je prends ça très très au sérieux. Nous n’avons absolument pas d’explication médicale à ce stade. Est-ce qu’il s’agit d’une réaction inflammatoire qui vient déclencher une maladie préexistante chez des enfants atteints par ce virus ou une autre maladie infectieuse ? Il y a beaucoup de questions« , s’interroge de son côté le Ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le point rassurant : les enfants guérissent

Selon les médecins des hôpitaux parisiens ou des Hauts de France, les cas graves concernant les moins de 18 ans restent tout de même extrêmement limités. Une vingtaine à Paris, une poignée en régions. La plupart des enfants évoluent bien, même ceux devant passer par la réanimation.

La maladie de Kawasaki se soigne bien, confirment les professionnels de la santé. « Les enfants répondent bien aux traitements. A ce jour, aucun patient n’a eu de conséquences graves, mais cela nécessite un suivi et une alerte » précise le Professeur Pierre-Louis Léger, chef du service de réanimation néonatale pédiatrique à l’Hôpital Trousseau de Paris, interrogé par RMC.

Peut-être rien à voir avec le coronavirus

Y a-t-il un lien avec le coronavirus ? Tous les enfants n’ont pas été testés positifs au coronavirus. Mais il peut y avoir des « faux négatifs », c’est-à-dire des cas où le virus est présent mais pas décelé au moment du test. Cependant, pour François Dubos, chef des urgences pédiatriques au CHU de Lille, il est possible que cela n’ait rien à voir avec la pandémie actuelle.

« C’est quelque chose qu’on a à cette période de l’année, en période printanière. On a déjà eu des Kawasaki ou des « Kawasaki-like » en avril, mai, juin et juillet. Il n’y a pas de cause identifiée, c’est sans doute quelque chose de multifactoriel, avec une prédisposition du patient et un déclenchant viral. Peut-être que le virus qui circule actuellement déclenche quelque chose. Mais il y a peut-être aussi des facteurs environnementaux, liés par exemple à la pollution », explique-t-il à Franceinfo.

Qu’est-ce que la « maladie de Kawasaki » ?

Le doute sur le lien entre coronavirus et maladie de Kawasaki provient du fait que les deux provoquent des inflammations des vaisseaux et des orages cytokiniques. La maladie de Kawasaki, du nom du pédiatre l’ayant découverte, se manifeste par des problèmes de peau, une conjonctivite, des ganglions, de la fièvre… Dans les cas les plus graves et si elle n’est pas soignée à temps, elle peut également provoquer des complications cardiaques.

En revanche, les cas constatés à l’heure actuelle se rapprochent de la maladie de Kawasaki, mais présentent des différences. « Tous les symptômes ne collent pas », a commenté à BFM le professeur Pierre-Louis Léger, chef de service de la réanimation pédiatrique de l’hôpital Trousseau, à Paris (AP-HP). « L’ensemble des pédiatres, des réanimateurs travaillent ensemble pour voir s’il y a lieu ou non de faire un lien avec le COVID-19″, a indiqué Olivier Véran.

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