Le scénario de la grippe espagnole est-il possible pour le coronavirus ?

Selon les sources, la grippe espagnole aurait tué entre 30 et 100 millions de personnes en 1918 et 1919. Ce scénario effroyable pourrait-il se produire lors de cette pandémie de coronavirus ?

En ce 1er avril, 46 000 personnes ont péri officiellement dans le monde du coronavirus COVID-19. Un chiffre très éloigné de ceux de la grippe espagnole, il y a un siècle, qui a décimé environ 5% de la population mondiale à l’époque. Mais il ne faut pas oublier que la pandémie actuelle n’a que quatre mois et se répand très rapidement. Les chiffres s’emballent, avec des multiplications en moyenne par deux des cas positifs et des décès toutes les semaines. Faites le calcul, au rythme actuel, il suffirait d’un mois pour atteindre le million de morts du coronavirus, deux mois et demi pour arriver à des chiffres équivalents à ceux de la grippe espagnole.

Taux de mortalité : coronavirus 0 – grippe espagnole 1

Deux éléments sont à prendre en compte pour déterminer la dangerosité d’une épidémie. D’une part, le taux de mortalité, qui est le rapport entre le nombre de décès et le nombre de malades. A l’heure actuelle, celui du COVID-19 se situe officiellement à 5%. Mais il est très variable d’une région à l’autre du monde. Ainsi, il est autour de 1% en Allemagne, plus de 10% en Italie, 7% en France.

En réalité, les experts estiment unanimement que le taux de mortalité est inférieur à 2%. Une étude révèle même qu’il se situerait à 0,6%. Ces chiffres proviennent du fait que bon nombre de cas positifs, peu malades ou asymptomatiques, ne sont pas inclus dans les décomptes officiels des différents Etats. En comparaison, le taux de mortalité de la grippe espagnole a été déterminé à 2,5%. Il serait donc de légèrement à nettement supérieur à celui du coronavirus.

Cela peut notamment s’expliquer par les progrès réalisés par la médecine depuis un siècle. La grippe espagnole se caractérisait par de la fièvre et un affaiblissement des défenses immunitaires. La plupart des victimes mouraient de surinfection bactérienne au bout d’une dizaine de jours. La prise d’antibiotiques (développés après la Seconde Guerre Mondiale) aurait permis de réduire considérablement la mortalité.

Taux de contagiosité : coronavirus 1 – grippe espagnole 1

L’autre élément important à prendre en compte est le taux de contagiosité, souvent appelé par les scientifiques R0 (R zéro ou R naught en anglais). Celui-ci représente le nombre de personnes que chaque individu malade va contaminer en moyenne. Selon les dernières estimations, le R0 du COVID-19 se situerait entre 2,3 et 2,6. Dans le même temps, celui de la grippe espagnole a été calculé autour de 1,8. Cette dernière était donc moins contagieuse que notre coronavirus.

Le facteur X : le confinement

Avec un taux de mortalité inférieur mais un taux de contagiosité supérieur, le coronavirus joue à armes presque égales avec la grippe espagnole. On voit bien que ce qui pourrait éviter la catastrophe, c’est de faire chuter le R0 du COVID-19. Quoi de mieux pour cela que d’isoler chaque individu pour l’empêcher de contaminer son prochain ? C’est la politique de la majorité des pays aujourd’hui à travers les mesures de confinement prises ça et là. En réussissant à ralentir la propagation du virus, on met également un frein à la courbe exponentielle du nombre de cas positifs et du nombre de victimes.

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