Fumer tue encore plus à cause du coronavirus

Une étude publiée le 12 mai révèle que les fumeurs atteints par le coronavirus voient la maladie progresser deux fois plus vite que pour les non-fumeurs.

Les fumeurs connaissent les risques. Leur paquet de cigarettes leur rappelle à chaque allumage que « fumer tue ». Le coronavirus tue aussi. Plus de 200 000 décès dans le monde en quatre mois. On est certes très loin des ravages du tabac – plus de 8 millions de morts par an, comme l’indique l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Mais il faut rappeler aussi qu’on ne meurt pas directement du tabac. Ce sont les conséquences – cancer du poumon, maladies respiratoires… – qui tuent. Alors que le COVID-19, lui, est un meurtrier direct.

Une théorie française ahurissante sur « l’utilité de la nicotine »

Dans ce contexte, au moins d’avril, une étude française est sortie pour indiquer que la nicotine présente dans les cigarettes pourrait permettre de limiter les risques de contamination par le coronavirus. L’étude en question se fondait sur des observations statistiques des patients arrivant aux urgences hospitalières. Ainsi, sur 350 patients atteints du COVID-19 arrivés dans les hôpitaux parisiens, seuls 4,4% se présentaient comme fumeurs.

En comparant avec les chiffres des fumeurs dans la population, 40% des 44-53 ans et 9 à 11% des 65-75 ans, les auteurs de l’étude étaient arrivés à la conclusion que la nicotine pouvait être un antidote contre le coronavirus. Le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux, avait ainsi indiqué que la nicotine pouvait empêcher le COVID-19 d’entrer dans le corps. Cette hypothèse pour le moins fumeuse a malgré tout réussi à faire le tour du monde. Elle a finalement été balayée d’un revers de la main par l’OMS.

Fumer tue plus que jamais à cause du coronavirus

Finalement, la cigarette, qui maltraite les poumons, mais aussi l’e-cigarette, est bien un facteur aggravant du coronavirus, comme nous vous le révélions il y a plusieurs semaines. Une étude réalisée par l’Université de Californie de San Francisco, publiée le 12 mai, le démontre. L’analyse s’est portée sur 11 590 patients atteints du COVID-19. Elle révèle que les risques de progression du coronavirus dans l’organisme sont deux fois plus importants chez les fumeurs (actuels ou anciens) que chez les non-fumeurs. De même, lorsque la maladie s’aggrave, les risques de conditions critiques ou de décès sont deux fois plus importants lorsqu’on fume.

Les auteurs en ont profité pour redonner un petit coup à l’hypothèse française. « Certains prétendent que le fait de voir moins de fumeurs parmi les patients hospitalisés est une preuve de l’effet protecteur de la cigarette. Mais la faible prévalence de fumeurs est peut-être simplement due à une sous-estimation du nombre de fumeurs, en particulier dans les conditions difficiles liées à des systèmes de santé débordés », précise l’étude.

Les Français ont plus fumé durant le confinement

Dans le même temps, une étude réalisée par Santé Publique France et publiée mercredi 13 mai, révèle que les Français ont davantage fumé durant le confinement. Ainsi, plus d’un quart des fumeurs ont augmenté leur consommation de tabac durant ces huit semaines. Cela correspond en moyenne à 5 cigarettes supplémentaires par jour. Les plus concernés sont les 25-34 ans (+41%) et ceux travaillant à domicile (+37%).

La corrélation de ces deux études renforce l’idée d’un risque de deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, tant redoutée par le gouvernement et la population française.

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