Des traitements mis à l’essai contre le coronavirus

En France, aux Etats-Unis et au Japon, des chercheurs et médecins essaient de combattre le coronavirus à l’aide de médicaments, en l’attente d’un vaccin efficace. Certains résultats sont prometteurs.

La course contre la montre se poursuit. Alors que la pandémie de coronavirus COVID-19 fait de plus en plus de victimes, il devient urgent de trouver des moyens de soigner cette maladie. Sous peine de voir le nombre de morts continuer à s’accroître de manière exponentielle.

La bonne nouvelle est que les chercheurs et médecins sont mobilisés partout dans le monde. On sait qu’un vaccin prendra des mois à arriver, entre les tests et sa mise en production massive. Le véritable moyen d’enrayer cette première vague de coronavirus COVID-19 est donc de trouver des traitements viables.

Un anti-paludique sur le banc d’essai

En France, l’espoir repose sur la chloroquine. Il s’agit d’un médicament à la base contre le paludisme, dérivé de la célèbre quinine. Les études sont menées à Marseille par le professeur Didier Raoult. Testé sur une vingtaine de patients, cette molécule a montré son efficacité en éliminant le virus chez trois malades sur quatre au bout de six jours.

Le Ministre de la Santé, Olivier Véran, a demandé à ce que ce traitement soit testé à plus grande échelle. Le laboratoire Sanofi a annoncé être prêt à offrir 300 000 doses pour soigner les malades. Cependant, des doutes subsistent dans la communauté scientifique. « Être négatif et être guéri, ce n’est pas tout à fait la même chose », indique ainsi Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Concrètement, l’état du patient peut s’aggraver, malgré l’absence de virus dans l’organisme.

Un traitement inefficace contre Ebola également testé

Aux Etats-Unis, la piste la plus sérieuse de traitement s’appelle remdesivir, créé par le laboratoire Gilead. Il s’agit d’un médicament initialement créé pour lutter contre Ebola, mais qui s’est avéré inefficace. Il a été utilisé au départ de manière expérimentale pour soigner un patient de 35 ans qui avait la forme sévère du coronavirus. Atteint de pneumonie, sous assistance respiratoire, il a reçu en intraveineuse le remdesivir au septième jour de sa maladie. Le lendemain, l’homme a commencé à se sentir mieux.

L’anti-virus s’attaque au système de réplication du COVID-19, l’empêchant de se multiplier. Cinq études cliniques, dont deux en Chine, sont désormais en cours pour tester l’efficacité de la molécule. « Il y a un médicament à l’heure actuelle dont nous pensons qu’il pourrait avoir une vraie efficacité, et c’est le remdesivir« , a affirmé Bruce Aylward, de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Un médicament anti-grippe japonais efficace

En Chine, c’est un autre médicament qui a été testé : le favipiravir, aussi appelé Avigan, est une molécule créée par une filiale du Japonais Fujifilm Toyama Chemical. Utilisé généralement pour lutter contre la grippe, ce traitement a été utilisé sur 340 patients chinois de la région de Wuhan et Shenzhen, atteints de coronavirus. Les malades traités ont guéri en moyenne au bout de quatre jours, contre onze pour les autres. Les radios ont également montré une amélioration des poumons de l’ordre de 91% grâce au favipiravir, contre 62% pour les patients non traités. Mais si ces résultats sont encourageants, il ne s’agit pas encore du produit miracle. Le Ministère de la Santé japonais a ainsi indiqué que l’Avigan n’était pas aussi efficace face à des formes plus sévères du coronavirus. Des recherches cliniques sont en cours et pourraient aboutir à sa mise sur le marché dès mai.

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