Coronavirus : un patient zéro dès octobre ?

Alors qu’on vient d’apprendre l’existence d’un patient français atteint du coronavirus en décembre 2019, la recherche du patient zéro, en France, mais aussi en Chine, bat son plein, six mois après l’apparition officielle du COVID-19.

La nouvelle n’a pas fait grand bruit, et pourtant, elle a de quoi laisser perplexe. Jusqu’au 5 mai, on croyait que le patient zéro français venait d’Oise et datait du mois de janvier. L’enquête de l’Institut Pasteur et de Santé Publique France ne laissait pas de place au doute.

Une femme patient zéro en décembre ?

Pourtant, le 5 mai, le Professeur Yves Cohen, chef de service réanimation des hôpitaux Avicenne à Bobigny (93) et Jean-Verdier à Bondy (93), a révélé qu’un patient datant du 27 décembre a été rétroactivement testé positif au COVID-19. Pas de doute possible : ses échantillons, qui avaient été conservés par le médecin à titre préventif, ont été doublement testés. Pourtant, cet habitant de Bobigny, âgé de 53 ans, n’a jamais voyagé en Chine. Mais il pourrait avoir été contaminé par sa femme, poissonnière en grande surface, en contact avec beaucoup de clients étrangers. Elle avait en effet quelques symptômes du coronavirus, comme de la fièvre et une toux sèche pendant quelques jours.

Ou des athlètes dès le mois d’octobre ?

Encore plus troublant, ce témoignage d’athlètes français ayant voyagé à Wuhan en octobre 2019. soit quelques semaines avant le premier cas officiel chinois. L’Empire du Milieu indique en effet jusqu’à aujourd’hui que le patient zéro serait un individu de 55 ans, habitant la province d’Hubei (là où se situe la ville de Wuhan), à la date du 17 novembre 2019.

Pourtant, Le Parisien rapporte en ce 5 mai une interview datant du 25 mars par la chaîne locale Télévision Loire 7, Elodie Clouvel, championne du monde de pentathlon moderne. Malgré nos recherches, nous n’avons pas retrouvé l’extrait, mais d’après Le Parisien, elle aurait déclaré : « je pense qu’avec Valentin (NDLR : Valentin Belaud, son compagnon, qui est aussi pentathlète) on a déjà eu le coronavirus, enfin le COVID-19« . Elle va plus loin : « On était à Wuhan pour les Jeux mondiaux militaires fin octobre. Et, en fait, il s’avère qu’après on est tous tombés malades. Valentin a loupé trois jours d’entraînement. Moi j’ai été malade aussi. […] J’ai eu des trucs que je n’avais pas eus avant. On ne s’est pas plus inquiété que ça parce qu’on n’en parlait pas encore. »

Ces dires sont corroborés par BFM TV, qui cite également ce jour un athlète ayant souhaité garder l’anonymat. Il aurait déclaré à la journaliste que comme beaucoup de ses coéquipiers, il aurait été malade, cloué au lit pendant trois jours, avec des symptômes grippaux.

S’ils étaient avérés, ces cas de coronavirus révéleraient trois choses : le virus aurait circulé en Chine bien avant le 17 novembre ; la tenue des Jeux mondiaux militaires du 18 au 27 octobre, qui a réuni plus de 10 000 athlètes du monde entier aurait contribué à répandre le COVID-19 partout dans le monde ; les patients zéro français seraient les malades de la délégation partie à Wuhan et revenus en France en portant le virus en eux.

En pleine théorie du complot…

Quoiqu’il en soit, d’après Le Parisien, l’Armée aurait demandé à la délégation de garder le silence radio sur cet épisode. De quoi renforcer les théories du complot sur l’origine du coronavirus. Le 12 mars, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, avait twitté que le COVID-19 aurait pu avoir été importé en Chine par la délégation des États-Unis. Voilà de quoi alimenter sa théorie.

Écrire un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *